PLU de Caen contribution des élus Verts au diagnostic et état initial de l’environnement

PLU de Caen contribution des élus Verts au diagnostic et état initial de l’environnement

Introduction : Il est important de poser la problématisation des enjeux sur notre territoire en lien avec le projet de ville. La situation de la ville, y compris si c’est une photographie à un temps donné, demande de prendre un peu de recul pour en comprendre l’organisation et le fonctionnement.

– éventuels manques : approche paysagère, approche de l’occupation de l’espace, état des lieux du POS, approche santé-environnement (antennes-relais, polluants, pollens, espérance de vie, etc.), approche selon l’angle d’une analyse reprenant la notion des mixités sociales, fonctionnelles et intergénérationnelles, approche sur le risque d’ilotage administratif de la presqu’Ile (danger d’en faire un ghetto tertiaire), effets négatifs des politiques des communes de l’agglomération débordants sur Caen…

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Cahier 1 : le contexte de réalisation du PLU de Caen

La partie historique est fondamentale pour comprendre les enjeux actuels de l’espace. Il est nécessaire de retracer les épisodes urbains de Caen, de l’après guerre à la Reconstruction jusqu’à l’établissement définitif du fait intercommunal.

Un dézoomage est peut-être à faire pour prendre en compte l’élargissement des réalités géographiques du territoire (le bassin de vie des caennais n’étant plus limité à Caen) afin d’en être conscient pour penser l’urbanisme de notre ville.

– Page 11 : retranscription de la Reconstruction. Il est symptomatique de ne pas retrouver l’esprit de la Reconstruction caennaise dans ces paragraphes. M.Brillaud De Laujardière urbaniste en charge de ce vaste chantier n’est pas cité et ses grands principes ne sont pas notés ici. Il est pourtant fondamental de comprendre cette période pour appréhender aujourd’hui l’organisation notamment de l’Ile Saint-Jean et par contre coup de la Guèrinière et de la Grace de Dieu (déplacement de population).

– Le regard sur la période récente (1963-2010) est assez faible. Pourtant, il est indéniable que les mandats de Jean Marie Girault ont été tout de même riches en réalisations et en transformation pour Caen (nouveaux quartiers, équipements, Tram, etc.).

– Le phénomène de périurbanisation évoqué dans ce paragraphe pourrait être plus développé, en abordant par exemple la question de l’élargissement de l’aire urbaine de la première couronne jusqu’aux dizaines de kilomètres actuels.

– Page 16 : Même si le PLU reste centré sur la commune, la partie sur l’agglomération Caen-La-Mer est rapide. La naissance (douloureuse) de l’intercommunalité à Caen est une part d’histoire important et une partie politique qui a encore des conséquences actuellement.

Cahier 2 : la ville verte – écologie et qualité de vie.

– risques : Nous notons l’absence de la prise en compte des risques liés au changement climatique. Le PLU sera le document de référence urbain d’un un temps assez long pour ne pas éclipser cette question. Il est avéré qu’il y aura des conséquences graves, et contrairement aux phénomènes météorologiques (tempêtes, inondations), elles seront durables et permanentes. La montée des eaux de la mer sera perceptible à Caen. Il faut donc se préparer à des évènements naturels important : les marées de tempêtes associées aux fortes eaux auront plus d’impacts avec un niveau des mers plus élevé de quelques centimètres.

De plus, l’environnement dans son ensemble sera impacté par une température moyenne plus élevé rendant le diagnostic actuel rapidement dépassé. Il est donc indispensable d’en être conscient : la faune, la flore, les paysages… sont appelés à changer. La ville doit s’y préparer.

– en lien avec cette question, l’atténuation d’une hausse de la température doit être pensée. Cela signifie qu’il faudra intégrer dans le PADD et le règlement la création de zones de fraicheur ou d’ombrage. Une politique de plantation d’arbres serait aussi une réponse.

– Page 19 : transport de matières dangereuses : le transport de matières radioactives est cité dans les risques, la dangerosité de ce transit sur le Pont de Calix notamment (au dessus des cuves d’hydrocarbures…) nous amène à penser que l’enjeu est plus grave et le périmètre des conséquences plus large que les seuls alentours du périphérique caennais.

– Page 47 : est-ce la bonne place pour le bilan carbone ? Serait-il possible d’écrire une partie « changement climatique » avec aléas, enjeux, conséquences, actions etc. ? (en lien avec la partie 2-4)

– Page 48 : Il manque un état des lieux du potentiel énergétique de la ville : potentiel en efficacité énergétique (reprise bilan carbone avec consommation de TEP pour transport, résidentiel etc.) et en production d’énergie renouvelable : ensoleillement, vent, géothermie.

– Page 53 : Le texte est peu critique sur l’Agenda 21 mené par l’équipe précédente. Le manque d’action qui en découle en est la meilleure preuve. Cet état des lieux ne reprend d’ailleurs aucun contenu du document hormis les généralités introductives.

Espaces verts : Page 72 : il y a un décalage entre la carte montrant « la proximité des parcs et jardins dans un rayon de 300 mètres » et les conclusions qui y sont issues. La carte montre en effet une distribution inégale des espaces verts, notamment en comparant la carte de la densité démographique. Surtout les zones peu pourvues en espaces verts ne sont pas toutes des quartiers résidentiels pavillonnaires « qui comptent de très nombreux jardins individuels » : Grâce De Dieu, Guérinière, Vaucelles, Charlotte Corday, Calvaire Saint-Pierre etc. Il est nécessaire de faire attention aux effets trompeurs de moyenne.

– Il y a un vrai enjeu à propos de la trame Verte et Bleue : pour cela, il paraît indispensable d’étudier la situation actuelle de la continuité naturelle dans la ville. Il existe de nombreuses coupures créant un ilotage des zones naturelles préjudiciable à la biodiversité. Les corridors biologiques permettent par leur continuité d’assurer un rôle fondamental dans le respect de cette biodiversité. Il parait ainsi nécessaire d’insérer dans le PLU une trame verte et bleue répondant aux besoins exprimés dans le diagnostic plutôt qu’une simple transposition du SCOT, celui-ci définissant le minimum dépassable.

– De plus, il est important de noter la qualité et la typologie des espaces Verts notamment en lien avec la densité de population avoisinante.

– Un diagnostic paysager serait aussi intéressant, notamment pour intégrer dans la réflexion « Caen, ville verte » les jardins individuels et les alignements d’arbres. Une ambiance verte peut-être crée par une vision d’arbres et de verdure, y compris positionnés sur des terrains privés. Il y a un vrai enjeu à déminéraliser l’espace urbain par l’approche paysagère. Il faut également noter que la présence de jardins privatifs si ils sont clos de mur ne permettent pas de disposer de corridors biologiques.

– Pour ce qui est de la trame Bleue, cet objectif pourrait être ajouté à la question des cours d’eau de la ville de Caen, reprenant les projets de découverture de (ou des) Odon(s) et de la Noé, par exemple Place Courtonne et ce au même titre que la reconquête des rives de l’Odon.

Déchets : Page 74-75. Une comparaison avec des données plus anciennes permettrait de montrer une courbe différente mais peut-être un peu plus inquiétante : celle de l’augmentation de la production de déchets depuis des décennies.

De plus, il convient de ne pas oublier la partie aval de la collecte des déchets, qui est l’enjeu majeur. Il serait intéressant d’expliciter la répartition des différents types d’élimination des ordures et leur traitement.

Cahier 3 : la ville citoyenne – solidarité et attractivité

3.2 Pages 16-17 : sur la partie « démocratie » il serait peut-être intéressant de noter et de cartographier les données de l’abstention lors des scrutins.

Page 18 : il y a un historique de la décentration des services municipaux avant les PVQ, il serait peut-être utile de le rappeler. D’ailleurs, une carte de synthèse montrant la distribution des équipements apporterait un plus à la compréhension (synthèse des cartes des Pages 30 à 39).

Cahier 4 : la ville bâtie – dynamique et renouvellement

Partie intéressante par les monographies de quartiers, peut-être que des témoignages d’habitants pourrait la rendre encore plus vivante.

Page 15 : détail : la qualité des photos !

– Page 64 : le constat montre qu’il y a de moins en moins d’occupant par logement mais ne semble que proposer la construction comme solution. Peut-être faudrait-il noter ici des pistes pour « remplir » les chambres vides (étudiants, partages, parcours de vie…).

Page 71 : sur la ville bâtie, une étude de la répartition de l’occupation de la surface serait intéressante pour comparer les usages des sols et ses qualités (perméabilité notamment).

Cahier 5 : La ville active – un centre économique à renforcer.

Le tableau serait complet avec un paragraphe sur l’économie sociale et solidaire qui est implantée à Caen, et plus généralement sur l’emploi associatif (Maison des Solidarités, CRESS…). Il faut noter que ce secteur représente près de 10ù des emplois dans la région.

– Page 25, il serait peut-être plus réaliste de noter des inquiétudes quant à l’importance des projets d’urbanisme commercial autour de Caen.

– Il faut sans doute ajouter la question du commerce à Caen, vecteur d’urbanité et de dynamisme économique. L’enjeu serait de définir des espaces préemptables pour conserver a centralité de la ville.

– Pages 26 et 27, il manque peut-être la question du camping et de l’auberge de jeunesse. Si la deuxième existe (mais est excentrée) le premier à fermé depuis presque 10 ans. Sans doute faut-il poser cette question, même si il n’est pas assuré qu’un nouveau camping soit sur le territoire communal.

– Il manque aussi la réflexion sur une aire de camping-car et une aire pour les cars de tourisme.

– Page 31, la partie sur Norlanda n’est pas très critique par rapport à son succès relatif.

– Page 31, sur la filière des éco-industries n’apparaît pas le projet sur le Quartier Koening, qui, bien qu’en dehors de la ville, sera un vrai moteur pour cette filière.

– Page 32, ajout d’un questionnement sur le commerce de bois exotique. Le développement du port ne devant pas passer par le renforcement de telles filières, surtout si cela se fait sans certification.

– Page 35, au vu du nombre d’emplois crées par rapport à l’argent investi, il parait un peu excessif de noter que le GANIL a eu un impact « très positif pour la région ».

Cahier 6 : la ville mobile – vers une mobilité accrue

Page 7 : l’état des lieux de l’accessibilité ferroviaire de Caen ne peut se résumer aux actions engagées ou en cours par la région, si importantes et pertinentes soient-elles. Il est indispensable de réaliser un véritable état des lieux comprenant la fréquentation des lignes, l’étude du réseau, la quantité et qualité des dessertes etc.

A cela, nous pourrions ajouter la question de l’étoile ferroviaire caennaise par l’historique des ouvertures et fermetures de lignes. Il est par exemple peu connu que Caen était reliée à Courseulles par le rail, que la promenade Napoléon était une emprise ferroviaire et qu’il y avait plus de deux gares à Caen. La réouverture potentielle de la ligne Caen-Flers doit aussi être ajoutée.

– Page 33-34 : l’étude des projets de la ville et de l’agglomération ne semble pas permettre un vrai état des lieux de la politique cyclable et des pratiques cyclistes à Caen. L’association Dérailleurs a réalisé un diagnostic qui est encore en partie d’actualité, il pourrait être partiellement repris pour expliciter la situation cyclable de la ville. De plus, il existe des critères construits par le Club des Villes Cyclables pour mesurer cette « cyclabilité » : quantité et qualité des aménagements, services proposés, environnement etc.

– Page 37 : conformément au projet de ville, il serait important d’ajouter la perspective de nouvelles piétonisation, notamment la place Saint-Sauveur.

– Page 39 : les photos illustrant le propos datent un peu, elles ont été prises avant la piétonisation des rues Saint-Pierre et de Strasbourg.

 

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