Catastrophes au Japon : intervention de Colette Gissot au Conseil Municipal de Caen du 28 mars 2011

 

Nous avons tous suivi, en direct, le cataclysme qui a secoué le Japon il y a deux semaines. La succession de catastrophes nous a tous choqués, émus. La population caennaise, exposée par l’Est et par l’Ouest se pose des questions.

Aujourd’hui, a multitude d’accidents nucléaires dans la centrale de Fukhusima, occupe nos esprits. C’est que ce type d’accident technologique est tout à fois dramatique par son ampleur et par le risque qu’il fait peser, durablement, sur les populations et les milieux.

C’est là la triste originalité de ces accidents. L’aléa est faible mais l’enjeu est considérable. Au-delà du bilan humain immédiat, c’est toute une région qui va subir durant des dizaines d’années une contamination silencieuse…c’est une catastrophe de la durée.

En tant que responsables locaux, nous devons nous poser des questions et prendre le temps de la réflexion sur ce que nous apprenons de cette catastrophe. Je ne veux surtout pas me limiter au discours de l’abandon du nucléaire. Les écologistes pensent que le nucléaire doit être abandonné, ce n’est pas une nouvelle, cela fait 35 ans qu’ils le disent, je ne développerai pas cela ce soir.

Ce que je veux dire c’est que nous devons être lucides. Conscients qu’il ne faut pas chaque fois qu’il y a un accident soit défausser l’industrie nucléaire et ses acteurs de ses responsabilités, soit refuser que le problème passe notre frontière : Tchernobyl ne serait que la conséquence de la crise du bloc de l’Est, et Fukushima, celle du libéralisme nippon.

Nous sommes le pays le plus nucléarisé du monde, nous ne pouvons pas considérer que le risque nucléaire ne se pose pas parce que nous ne sommes pas en zone sismique. Le risque nucléaire existe parce qu’il y a 58 réacteurs sur notre territoire, tout simplement.

Nous acceptons des risques quand l’enjeu est justement, acceptable collectivement, car nous vivons dans un monde technologique où les bénéfices des technologies dépassent leurs inconvénients.

Personne ne dit : « demain, la centrale X ou Y va exploser ». Simplement, ce que nous disons c’est qu’il est impossible de garantir, justement, que ça n’arrivera pas, jamais.

Donc ça peut arriver. Il y a ce risque. Et ce risque, nous ne savons pas le gérer. Voilà. C’est aussi simple que ça.

En tout état de cause, nous, collectivités territoriales, devons, a minima, nous poser en défenseur de la transparence vis-à-vis de nos concitoyens : – pourquoi le vœu, voté ici à l’unanimité, pour demander au préfet de nous avertir à posteriori, du passage des convois nucléaires n’a-t-il pas eu de suite ? – Pourquoi l’Etat ne répond-il pas à nos nombreuses sollicitations depuis 2 ans concernant la péremption des pastilles d’iode ?

Ici, comme ailleurs, les concitoyens doivent savoir quels risques ils sont prêts à courir. L’expérience montre qu’ils ne pardonnent pas à leurs responsables politiques d’avoir été abusés, par mensonge, par erreur, ou par omission.

Un commentaire pour “Catastrophes au Japon : intervention de Colette Gissot au Conseil Municipal de Caen du 28 mars 2011”

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